Tester son message auprès des relais en ergothérapie libérale
Vous avez clarifié vos situations prioritaires et préparé vos supports. Il reste une étape décisive : vérifier auprès de vrais relais ce qu’ils comprennent, retiennent et peuvent transmettre.
Une stratégie claire sur le papier ne suffit pas. Identifiez vos premiers relais, testez vos repères et ajustez votre activation sur le terrain.
Vos situations prioritaires sont choisies. Votre message semble clair. Votre support est prêt et vous avez commencé à dresser une liste de personnes à contacter.
Pourtant, vous hésitez encore à passer à l’action.
Vous aimeriez être certaine que les bons mots sont là avant de présenter votre travail. Que votre interlocuteur comprendra immédiatement. Que votre support répondra à toutes ses questions.
Mais un message peut paraître parfaitement clair lorsqu’on le relit seule et révéler des zones de flou dès qu’une autre personne tente de le reformuler.
Tant que vos repères ne rencontrent pas le terrain, ils restent des hypothèses.
C’est pourquoi Fondations Ergo ne s’arrête pas à la clarification de votre rôle ni à la création d’un kit de recommandation. La troisième phase consiste à Activer : identifier vos premiers relais, engager quelques contacts ciblés, observer leur compréhension et ajuster ce qui doit l’être.
Activer ne signifie pas contacter tout le monde
Par « relais », j’entends les professionnels, les structures ou les personnes de votre territoire qui rencontrent déjà les situations dans lesquelles votre intervention peut être utile et qui peuvent orienter quelqu’un vers vous.
Lorsque l’on veut développer son réseau, la première tentation peut être de constituer une longue liste : médecins, infirmières, kinésithérapeutes, services sociaux, associations, maisons médicales, communes, structures d’aide à domicile…
Cette liste donne l’impression d’avancer. Mais elle ne dit pas encore avec qui commencer, ni pourquoi cette personne serait pertinente pour les situations que vous avez choisies.
Activer commence donc par une sélection, pas par une multiplication.
Pour chaque situation prioritaire, vous cherchez à comprendre :
- qui rencontre ou observe cette situation avant qu’elle ne bascule ;
- à quel moment cette personne pourrait faire le lien avec votre regard ;
- quels relais sont réellement présents sur votre territoire ;
- avec lesquels une relation existe déjà ou pourrait être engagée de manière cohérente.
Cette réflexion permet de construire une cartographie claire de vos premiers relais locaux. Il ne s’agit pas d’un annuaire exhaustif, mais d’une représentation utile des personnes et des structures auprès desquelles vos repères ont le plus de sens.
Le bon relais dépend de la situation que vous voulez rendre lisible
Il n’existe pas une catégorie de relais idéale pour toutes les ergothérapeutes.
Si vous souhaitez être identifiée plus tôt dans les retours à domicile, vos premiers interlocuteurs ne seront pas nécessairement les mêmes que si vous travaillez sur l’épuisement progressif des aidants, les renoncements dans les activités quotidiennes ou la prévention des chutes.
Le choix du relais part donc de la situation, pas du prestige de sa fonction ni de la taille de son carnet d’adresses.
Cette nuance évite de contacter des professionnels avec un message trop général du type :
Je suis ergothérapeute et je souhaiterais vous présenter l’ensemble de mes services.
Votre prise de contact peut au contraire partir d’un problème que la personne rencontre déjà :
Dans ma pratique, j’observe que certaines familles réorganisent progressivement tout leur quotidien autour des difficultés d’un proche avant de demander de l’aide. Je travaille à rendre plus visibles les signes qui permettraient de penser plus tôt au regard d’une ergothérapeute dans ces situations.
Le message ne cherche pas à forcer une recommandation. Il donne à votre interlocuteur un point d’entrée concret pour comprendre pourquoi vous le contactez.
Vos premiers échanges ne sont pas un examen
Lorsque vous présentez votre travail à un relais, vous n’avez pas besoin de démontrer que tout est déjà parfait.
Le premier échange sert aussi à apprendre.
Votre objectif n’est pas seulement de parler. Il est d’observer ce que votre interlocuteur comprend et retient :
- À quelle situation associe-t-il spontanément votre intervention ?
- Quels mots utilise-t-il pour reformuler votre rôle ?
- Reconnaît-il des situations déjà rencontrées dans sa pratique ?
- Comprend-il ce que votre regard apporte à ce moment-là ?
- Saurait-il expliquer simplement votre intervention à la personne concernée ?
Vous pouvez également lui demander ce qui lui semblerait utile pour retrouver l’information plus tard : une formulation plus courte, une situation plus concrète, un support à conserver ou une manière plus simple de transmettre vos coordonnées.
Ces réactions donnent accès à une information impossible à obtenir en travaillant uniquement seule : la manière dont votre message existe dans l’esprit de quelqu’un qui ne connaît pas votre raisonnement aussi bien que vous.
Une incompréhension n’est pas un échec : c’est une donnée
Vous avez peut-être choisi une formulation qui vous semble évidente. Si votre interlocuteur la comprend autrement, cela ne signifie pas que toute votre stratégie est mauvaise.
Cela indique précisément ce qui doit être ajusté.
Par exemple :
- s’il retient une situation différente de celle que vous vouliez mettre en avant, votre message est peut-être encore trop large ;
- s’il comprend votre utilité mais ne parvient pas à l’expliquer, certains mots restent probablement trop techniques ;
- s’il pense à vous uniquement lorsque le problème est déjà installé, vos signes précoces ne sont pas encore assez reconnaissables ;
- s’il ne sait pas comment transmettre vos coordonnées ou présenter votre intervention, votre support doit être simplifié.
Le terrain ne vient donc pas valider ou invalider votre valeur professionnelle. Il vous aide à vérifier si cette valeur est devenue suffisamment compréhensible pour circuler.
Ajuster avant de multiplier les contacts
Sans cette phase de test, il est facile de répéter le même message auprès de nombreuses personnes, puis de conclure que « le réseau ne fonctionne pas » lorsque les résultats ne suivent pas.
L’activation proposée dans Fondations Ergo suit une autre logique :
- choisir un premier relais cohérent avec une situation prioritaire ;
- préparer un message de prise de contact adapté ;
- présenter ou transmettre les repères construits ;
- observer la compréhension et les réactions ;
- ajuster le message, le support ou la priorité si nécessaire ;
- poursuivre avec une base plus solide.
Vous ne cherchez pas à faire plus de bruit. Vous construisez progressivement une manière plus juste et plus réutilisable de rendre votre rôle lisible sur votre territoire.
Un plan d’activation doit mener à une première action réalisable
Un bon plan ne se mesure pas au nombre de tâches qu’il contient. Il doit vous permettre de savoir quoi faire en premier.
Votre plan d’activation terrain précise notamment :
- la situation que vous souhaitez rendre reconnaissable ;
- le premier relais auprès duquel la confronter ;
- le message de prise de contact à utiliser ;
- le support à présenter ou à transmettre ;
- ce que vous souhaitez observer pendant l’échange ;
- l’ajustement ou la prochaine action à envisager ensuite.
Cette structure transforme une intention vague — « je dois développer mon réseau » — en une séquence concrète adaptée à votre réalité.
Elle permet également de garder une trace de ce qui a été compris, de ce qui doit évoluer et des décisions prises. Vous ne recommencez pas toute votre réflexion après chaque échange.
Activer sans devenir commerciale
Activer votre présence ne signifie pas insister, relancer sans raison ou demander à des professionnels de vendre votre activité à votre place.
Il s’agit de rendre une information utile disponible auprès de personnes qui rencontrent déjà les situations concernées, puis de vérifier si cette information est réellement utilisable.
Le relais reste libre de la manière dont il s’en saisit. La personne concernée reste libre de prendre contact ou non. Votre responsabilité consiste à présenter votre rôle avec justesse, sans promesse excessive et sans créer de pression.
Cette posture ne vous éloigne pas de votre cadre d’ergothérapeute. Elle vous permet au contraire d’expliquer plus clairement la place que votre regard peut prendre avant que la situation ne devienne urgente.
Ce que la phase « Activer » produit concrètement
À la fin de cette phase, vous disposez :
- d’une cartographie claire de vos premiers relais locaux ;
- de messages de prise de contact adaptés à vos situations prioritaires ;
- d’un plan d’activation terrain ;
- de premières observations permettant d’ajuster vos repères et vos supports.
Dans Fondations Ergo, ces tests ne sont pas laissés sans suite. Les réactions recueillies sont relues dans le cadre de l’accompagnement afin de vous aider à distinguer ce qui doit être clarifié, reformulé ou simplement répété auprès d’un autre interlocuteur.
Cette démarche ne garantit ni mise en relation, ni recommandation, ni développement d’activité. Ces résultats dépendent du contexte local, des personnes rencontrées et de la mise en œuvre. En revanche, vous ne restez plus uniquement dans la préparation : vous confrontez vos décisions à la réalité et vous disposez d’éléments concrets pour les faire évoluer.
Êtes-vous prête à vérifier ce que vos relais comprennent réellement ?
Clarifier permet de choisir ce que vous voulez rendre lisible. Transmettre transforme cette expertise en repères que d’autres peuvent comprendre et partager. Activer permet enfin de vérifier si ces repères fonctionnent dans de vrais échanges.
Ce passage au terrain est essentiel pour devenir plus facile à reconnaître et à recommander, sans chercher à être visible partout.
C’est précisément ce que j’aborde dans le webinaire :
« Comment devenir l’ergothérapeute à qui les bons relais pensent plus tôt — sans attendre une prescription, sans vous forcer à être plus visible, sans renier votre cadre d’ergothérapeute »
Vous y découvrirez comment aider vos relais à comprendre quand penser à vous, pourquoi votre regard compte et comment vous recommander — même si vous n’aimez pas vous vendre.


