Aider vos relais à recommander votre expertise d’ergothérapeute
Un relais peut trouver votre travail utile sans jamais penser à vous au bon moment. Pour qu’une expertise circule, elle doit devenir compréhensible, mémorisable et facile à transmettre.
Être reconnue comme compétente ne suffit pas. Vos relais ont besoin de repères simples pour savoir quand penser à vous et comment parler de votre rôle.
Vous présentez votre activité à une professionnelle de votre territoire. La conversation se passe bien. Elle vous dit que l’ergothérapie est importante, que votre approche est intéressante et qu’elle gardera vos coordonnées.
Pourtant, les semaines passent et rien ne se produit.
La conclusion la plus immédiate serait de penser qu’elle n’a pas rencontré la bonne situation ou qu’elle ne souhaite pas vous recommander. C’est possible. Mais une autre explication mérite d’être envisagée : a-t-elle réellement retenu quand penser à vous et saurait-elle expliquer votre rôle à une autre personne ?
Apprécier votre travail ne suffit pas toujours à faire le premier lien. Pour cela, un relais doit pouvoir reconnaître une situation, comprendre ce que votre regard apporte et trouver les mots nécessaires pour parler de vous simplement.
C’est tout l’enjeu de la deuxième phase de Fondations Ergo : Transmettre.
Comprendre, retenir et transmettre sont trois choses différentes
Par « relais », j’entends les professionnels, les structures ou les personnes de votre territoire qui rencontrent déjà les situations dans lesquelles votre intervention peut être utile et qui peuvent orienter quelqu’un vers vous.
Un relais peut comprendre votre présentation au moment où vous la faites. Cela ne signifie pas qu’il sera capable de s’en souvenir plusieurs semaines plus tard, face à une situation réelle.
Il peut également se rappeler que vous êtes ergothérapeute sans savoir précisément dans quel cas vous contacter.
Enfin, il peut penser à vous tout en restant bloqué au moment d’expliquer à une personne ou à une famille pourquoi une rencontre avec vous pourrait être pertinente.
Pour qu’une recommandation devienne possible, votre message doit donc franchir trois niveaux :
- être compris pendant l’échange ;
- être retenu assez clairement pour refaire surface au bon moment ;
- pouvoir être reformulé sans dénaturer votre rôle.
Ce passage ne repose pas sur la quantité d’informations données. Il repose sur la qualité des repères transmis.
Présenter l’ergothérapie ne suffit pas toujours
Lorsque notre métier est peu connu, nous pouvons être tentées d’en donner une définition complète : nos domaines d’intervention, notre raisonnement, les publics accompagnés, les évaluations possibles, les adaptations, le matériel ou encore les partenaires avec lesquels nous travaillons.
Toutes ces informations sont justes. Mais plus un message contient d’éléments, plus votre interlocuteur doit décider lui-même ce qu’il doit retenir.
Et ce qu’il retient n’est pas forcément ce qui l’aidera à penser à vous plus tôt.
Dire « l’ergothérapeute analyse les interactions entre la personne, ses activités et son environnement » décrit votre approche. Mais cette formulation ne donne pas encore à un relais un signal concret à reconnaître dans son quotidien.
Un repère de recommandation commence plutôt par une situation observable :
Pensez à moi lorsqu’une famille commence à réorganiser tout son quotidien pour compenser les difficultés d’un proche, même si elle dit encore que tout va bien.
Cette phrase ne résume pas toute l’ergothérapie. Elle crée un lien entre une situation réelle et votre regard professionnel.
Les trois repères dont vos interlocuteurs ont réellement besoin
Dans Fondations Ergo, transmettre votre expertise consiste à construire trois repères simples.
1. Quand penser à vous ?
Votre relais doit pouvoir reconnaître une situation sans maîtriser votre métier.
Il ne s’agit donc pas de lui remettre une liste de prestations, mais de lui montrer quelques moments concrets dans lesquels votre intervention peut avoir du sens : un retour à domicile insuffisamment préparé, des renoncements qui s’installent, une organisation familiale qui devient fragile ou des difficultés quotidiennes encore compensées mais de moins en moins soutenables.
Ces situations ont été choisies pendant la phase Clarifier. Pendant la phase Transmettre, elles sont reformulées pour devenir repérables par quelqu’un d’autre.
2. Pourquoi votre regard change-t-il la lecture de la situation ?
Reconnaître une situation ne suffit pas. Votre relais doit également comprendre pourquoi penser à une ergothérapeute à ce moment-là.
L’objectif n’est pas de vous comparer aux autres professionnels ni de revendiquer une place exclusive. Il s’agit d’expliquer ce que votre regard permet d’observer, de questionner, d’anticiper ou de mettre en lien.
Par exemple, face à un retour à domicile, vous ne considérez pas seulement ce que la personne est physiquement capable de faire. Vous observez aussi les habitudes à reprendre, l’environnement réel, l’aide disponible, la manière dont les activités s’enchaînent et les compensations déjà mises en place.
Votre expertise devient plus facile à recommander lorsque cette différence peut être comprise sans jargon.
3. Comment vous recommander simplement ?
Le dernier obstacle apparaît souvent au moment de parler de vous à la personne concernée.
Même si un relais comprend votre utilité, il peut ne pas savoir comment introduire l’ergothérapie sans inquiéter, médicaliser excessivement la situation ou donner l’impression d’imposer une intervention.
Il a donc besoin d’une formulation qu’il peut s’approprier, par exemple :
Une ergothérapeute peut regarder avec vous ce qui devient difficile dans le quotidien et chercher des solutions adaptées à votre manière de vivre, avant que l’organisation ne devienne trop lourde.
Cette phrase n’est pas un argumentaire commercial à réciter. C’est un appui pour permettre au relais de faire le premier lien avec des mots compréhensibles.
Un kit de recommandation n’est pas une brochure de plus
Une brochure classique parle souvent de la professionnelle : son parcours, ses compétences, ses services et ses coordonnées.
Un kit de recommandation est pensé à partir de l’usage du relais. Il doit l’aider à répondre rapidement à trois questions :
- Est-ce que la situation que je rencontre correspond à l’un des repères présentés ?
- Pourquoi le regard de cette ergothérapeute pourrait-il être utile maintenant ?
- Comment puis-je en parler simplement à la personne concernée ?
Quel que soit son format, ce support doit être facile à conserver, à relire et à transmettre. Il ne cherche pas à tout expliquer. Il réunit les informations indispensables pour éviter que votre message dépende uniquement du souvenir d’une conversation.
Le kit construit pendant Fondations Ergo s’appuie sur vos situations prioritaires et votre message de différenciation. Il ne s’agit donc pas d’un modèle générique rempli avec votre nom. Il traduit les décisions prises à partir de votre pratique, de votre territoire et du rôle que vous souhaitez rendre lisible.
Les formulations travaillées servent également de base à vos futurs messages de prise de contact. Vous n’abordez plus un relais avec une présentation générale de votre activité, mais avec une situation qu’il rencontre déjà et un repère qu’il peut réellement utiliser.
Transmettre ne signifie pas demander aux autres de vous vendre
Cette nuance est essentielle.
Vos relais n’ont pas à devenir vos commerciaux. Leur rôle n’est pas de convaincre quelqu’un de travailler avec vous ni de promettre un résultat à votre place.
Ils doivent simplement pouvoir reconnaître une situation pertinente, présenter votre regard avec justesse et permettre à la personne de décider si elle souhaite faire le premier pas.
Cette approche respecte votre cadre professionnel parce qu’elle ne repose ni sur la pression ni sur une promesse excessive. Elle organise la circulation d’une information utile qui, sans repères clairs, risque de rester enfermée dans votre propre connaissance du métier.
Ce que la phase « Transmettre » change concrètement
Avant, chaque échange peut vous obliger à reprendre toute l’explication depuis le début. Votre interlocuteur repart avec une impression positive, mais sans mots précis à réutiliser.
Après ce travail, vous disposez :
- de trois repères de recommandation structurés : quand penser à vous, pourquoi votre regard compte et comment vous recommander simplement ;
- d’un kit de recommandation utilisable par vos premiers relais ;
- de formulations cohérentes qui prépareront vos messages de prise de contact.
Cela ne garantit pas qu’un relais vous recommandera. La décision dépend de la situation rencontrée, de la relation construite et du contexte local. En revanche, vous réduisez un obstacle qui dépend directement de votre travail : l’absence de mots simples et transmissibles pour faire le lien avec vous.
La phase suivante, Activer, permettra de confronter ces repères à de vrais interlocuteurs, d’observer ce qu’ils comprennent et d’ajuster ce qui reste flou.
Votre expertise peut-elle être reformulée par quelqu’un d’autre ?
Voici un test simple : après une conversation avec vous, votre interlocuteur saurait-il expliquer à une collègue ou à une famille dans quelles situations penser à vous, sans avoir besoin de reprendre votre site ou de vous appeler pour vérifier ?
Si la réponse n’est pas évidente, ce n’est pas nécessairement que vous devez parler davantage. Votre expertise a peut-être surtout besoin de repères plus faciles à retenir et à transmettre.
C’est précisément ce que j’aborde dans le webinaire :
« Comment devenir l’ergothérapeute à qui les bons relais pensent plus tôt — sans attendre une prescription, sans vous forcer à être plus visible, sans renier votre cadre d’ergothérapeute »
Vous y découvrirez comment aider vos relais à comprendre quand penser à vous, pourquoi votre regard compte et comment vous recommander — même si vous n’aimez pas vous vendre.


